Transcription d'un message laissé sur le répondeur de là-bas si j'y suis par Claude, le 10 mars 2010.
« Des prêtres qui ont eu le tort de se mêler de ce qui ne les regarde pas. » Cette phrase, Daniel [Mermet], elle est sortie de ta bouche au cours de l’émission ce lundi 8 mars consacrée à Monseigneur Oscar Romero. Tu l’as utilisée pour, en quelque sorte, exprimer les raisons par lesquelles un très violent pouvoir de droite, voire d’extrême droite, a justifié l’assassinat de Monseigneur Romero le 25 mars 1980, et de sept jésuites le 16 novembre 1989. Ce qui est amusant, c’est que cette phrase, elle aurait pu parfaitement être proférée par les défenseurs de la laïcité, pour justifier la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Après tout, c’est vrai, les prêtres, ils ont qu’à ce mêler de ce qui les regarde. Qu’ils s’occupent de la religion. Mais qu’ils laissent les affaires publiques et républicaines tranquilles. C’est vrai ! Sauf que ça [ne] colle pas toujours. Et moi j’aime les vérités qui sortent du langage à leur insu. « Z-avez qu’à pas se mêler de ce qui ne les regardait pas ». C’est une formule par laquelle on raille souvent le pouvoir chaque fois qu’il élimine les gens qui le dérangent. Ceux qui laissent traîner leurs cheveux sur leur soupe, selon l’image de Nougaro. Comme quoi, le problème n’est pas qu’il ne faut pas se mêler de ce qui ne nous regarde pas. Mais c’est de savoir dans quelles circonstances cette recommandation est justifiée. Et dans quels cas, elle ne l’est pas. Et on débouche sur le constat que la véritable question est celle du pouvoir. On voit très bien que lorsque c’est le pouvoir politique qui prescrit aux citoyens de ne pas se mêler de ce qui ne les regarde pas, c’est qu’à tout les coup les citoyens ont eu raison de le faire ! Parce que justement, ça les regarde ! Parce que ça regarde tout le monde la conduite des affaires publiques. Parce que ça regarde tout le monde la politique. Et seuls les pouvoirs autoritaires ne sont pas cet avis. Ils voudraient faire leur cuisine sans que personne ne soulève les couvercles de leurs marmites. De la même façon, ce droit de chacun de se mêler des affaires publiques, c’est l’idée qui est à la base de la laïcité. Qui l’inspire. La laïcité ça veut dire : nous refusons qu’une minorité au pouvoir, une élite, dicte à la majorité, c'est-à-dire à la masse, au peuple, lui dicte ce qu’il doit faire, à quelles prescriptions il doit obéir alors qu’il n’a même pas été consulté lors de l’élaboration de ce catéchisme, qu’il soit religieux ou civil. Vous comprenez ça ! c’est la même idée. C’est parce que je considère que j’ai à me mêler de ce qui me regarde même lorsque le pouvoir veut me l’interdire que je considère aussi que le pouvoir n’a pas à se mêler de ce qui ne le regarde pas. Et il se mêle de ce qui ne le regarde pas chaque fois qu’il prescrit sans consulter. (Et ne parlons pas des consultations bidons auxquelles il nous a habitués, je veux dire bien entendu les élections.) C’est pourquoi, les partisans de la laïcité, qui l’a réduisent à l’opposition entre l’Eglise et l’Etat, sont des imbéciles. Ils confondent le principe de la laïcité avec une de ses occurrences, une des étapes historiques de la lutte du peuple, c'est-à-dire des citoyens ordinaires, en vue de son émancipation. Et cette imbécillité a malheureusement des conséquences tragiques pour l’émancipation du peuple. Parce qu’elle le plonge dans la plus grande confusion. Car enfin ! qui est le plus laïque entre Monseigneur Romero, partisan de la téhologie de la libération, et le très laïque pouvoir en place, que ce soit au Salvador ou en France aussi (et je pense à tous ces imposteurs qui de nos jours en France rêvent de pénaliser le port du voile islamique au nom d’une laïcité qui refusent bien entendu de mélanger religion et politique, surtout lorsque la religion se range du côté du peuple.) ? Parce que, que je sache, tous ces laïques indignés par la candidature d’une femme voilée sur une liste du NPA lors des élections régionales à venir, ne sont pas choqués que l’Allemagne soit gouvernée par Angela Merkel, issue du CDU, entendez « christliche democratische Union », branche allemande de la démocratie chrétienne, mouvement politique dont était issu en France quelqu’un comme Robert Schumann, que l’on ne cesse de glorifier comme l’un des pères de l’Europe. De même qu’ils ne sont pas d’avantage par le fait que le président des Etats-Unis prête serment sur la Bible. De même qu’ils se sont tous, ou presque, bien réjouis de l’influence du pape Jean-Paul II, qui à ce que je sache était pourtant une éminence religieuse, dans l’effondrement du bloc communiste. Et tu sais pourquoi, Daniel, ils ne sont pas choqués ? Bin, parce qu’ils ne sont pas du tout laïques ! au sens réel de la laïcité, c'est-à-dire « principe et condition de l’émancipation du peuple ». Ils utilisent le langage de la laïcité. Mais n’en ont pas l’esprit. Eux, ce qui les intéressent, c’est la pérennisation de la sujétion du peuple au pouvoir des oligarques. Et ce pouvoir a pris historiquement diverses apparences : l’Eglise, la monarchie… La révolution a renversé la monarchie. L’Eglise a perdu de son pouvoir de coercition. Mais l’on a pas changé la marche du monde. L’oligarchie s’appelle désormais « démocratie libérale ». Et les démocrates libéraux n’aiment pas l’Amérique Latine lorsqu’elle n’est pas sous la botte des dictateurs. Bon ! ils vont s’y prendre autrement. Et cet imbécile de Lula s’imagine que le Brésil est sorti d’affaire parce qu’il va organiser les jeux olympiques. Eh bien moi je vous le dis : je considère que la théologie de la libération, quoique théologique, et pourtant condamnée par Jean-Paul II, est beaucoup plus laïque que les démocraties libérales. »
jeudi 29 avril 2010
mardi 27 avril 2010
Consensus sur la Burqa et guerre contre les religions
Transcription d'un message laissé sur le répondeur de là-bas si j'y suis par Claude, le 26 avril 2010.
« Le consensus, tout le monde en rêve bien sûr. Surtout le consensus pour la bonne cause. Le problème, c’est que quand il a lieu, eh bien ça fait froid dans le dos. Alors en ce moment il y a le consensus contre le port de la burqa. De l’extrême droite à l’extrême gauche, sont tous contre le port de la burqa au nom de l’émancipation de la femme. Bon, on s’invective un petit peu sur la méthode, une loi ! pas de loi ! et en plus une loi est-elle applicable ? enfin toutes les ergoteries, fonds de commerce des média. En attendant on peut constater que 60 millions de français tombent à grand raccourci sur deux milles femmes et surtout sur leurs méchants maris intégristes. Parce que le véritable ennemi, c’est l’intégrisme religieux ! Parce que l’intégrisme ne peut être que religieux ! Bien entendu ! Eh bien moi, ça m’interroge ça, voyez… je me demande ce que signifie cet acharnement contre la religion. Et c’est un incroyant qui vous parle ! Pourquoi est-ce que nos contemporains en ont tellement après la religion, comme si elle était la source, elle seule ! la source de tous nos maux. Quelle est la signification de cet acharnement à vouloir imposer la raison comme régulateur de nos valeurs ? Et rassurez-vous, je n’ai que du mépris pour la déclaration de Nicolas Sarkosy en faveur du curé contre l’instituteur. Ce que je veux dire, c’est autre chose. Ce combat contre les religions me paraît considérablement suspect parce qu’il dissimule un autre enjeu plus profond. Celui soulevé par le commentaire que Sartre, qui n’était pas croyant que je sache, fait de la formule de Dostoïevski dans les frères Karamasov : « Si Dieu n’existe pas, tout est permis. » Il est là l’enjeu. Rappelez-vous de la campagne du candidat Sarkosy : « avec Sarkosy, tout devient possible ». Selon moi, mais ça demande à être fouillé, einh ! le véritable enjeu de la guerre contre les religions (ce n’est plus la guerre des religions, mais la guerre contre les religions) c’est l’affirmation de la toute puissance de l’homme. Ce qui n’est pas la même chose que la capacité de l’homme à forger son destin. Et c’est d’ailleurs sur cette confusion possible que la pensée de gauche se fait piéger. »
« Le consensus, tout le monde en rêve bien sûr. Surtout le consensus pour la bonne cause. Le problème, c’est que quand il a lieu, eh bien ça fait froid dans le dos. Alors en ce moment il y a le consensus contre le port de la burqa. De l’extrême droite à l’extrême gauche, sont tous contre le port de la burqa au nom de l’émancipation de la femme. Bon, on s’invective un petit peu sur la méthode, une loi ! pas de loi ! et en plus une loi est-elle applicable ? enfin toutes les ergoteries, fonds de commerce des média. En attendant on peut constater que 60 millions de français tombent à grand raccourci sur deux milles femmes et surtout sur leurs méchants maris intégristes. Parce que le véritable ennemi, c’est l’intégrisme religieux ! Parce que l’intégrisme ne peut être que religieux ! Bien entendu ! Eh bien moi, ça m’interroge ça, voyez… je me demande ce que signifie cet acharnement contre la religion. Et c’est un incroyant qui vous parle ! Pourquoi est-ce que nos contemporains en ont tellement après la religion, comme si elle était la source, elle seule ! la source de tous nos maux. Quelle est la signification de cet acharnement à vouloir imposer la raison comme régulateur de nos valeurs ? Et rassurez-vous, je n’ai que du mépris pour la déclaration de Nicolas Sarkosy en faveur du curé contre l’instituteur. Ce que je veux dire, c’est autre chose. Ce combat contre les religions me paraît considérablement suspect parce qu’il dissimule un autre enjeu plus profond. Celui soulevé par le commentaire que Sartre, qui n’était pas croyant que je sache, fait de la formule de Dostoïevski dans les frères Karamasov : « Si Dieu n’existe pas, tout est permis. » Il est là l’enjeu. Rappelez-vous de la campagne du candidat Sarkosy : « avec Sarkosy, tout devient possible ». Selon moi, mais ça demande à être fouillé, einh ! le véritable enjeu de la guerre contre les religions (ce n’est plus la guerre des religions, mais la guerre contre les religions) c’est l’affirmation de la toute puissance de l’homme. Ce qui n’est pas la même chose que la capacité de l’homme à forger son destin. Et c’est d’ailleurs sur cette confusion possible que la pensée de gauche se fait piéger. »
samedi 17 avril 2010
La Prostitution dans la Bible
(en cours de rédaction) Cet article fait la liste des références bibliques se rapportant à la prostitution. Voir aussi "les chrétiens et la prostitution".
Parmi les prophètes, la thématique de la prostitution est clairement reliée à la question de l'idolâtrie, à tel point que souvent l'une semble être synonime de l'autre. Ce qui se joue au niveau individuel dans la prostitution sert d'analogie pour dénoncer les enjeux au niveau collectif dans l'idolâtrie du peuple, par la faute de ses dirigeants politiques et religieux.
Cantique des Cantiques
Ct 8,7b
"Si quelqu'un donnait tout l'avoir de sa maison en échange de l'amour, à coup sûr on le mépriserait."
Pr 5,1-6
Pr 7,6-27
Si 26,9-12
Thamar (Gn 38), qui s'est faite passer pour prostituée auprès de son beau-père pour obtenir une descendance, et Rahab (Josué 2), prostituée à Jéricho qui participera à la victoire des hébreux et dont la famille sera incorporée au peuple élu, font partie des rares femmes citées dans la généalogie de Jésus.
Mt 21,31
Attitude de Jésus avec les femmes que les contemporains ou la tradition ont suspecté d'être des prostituées.
Je donne la traduction de la T.O.B.
1) La Loi
2) Les Prophètes
Parmi les prophètes, la thématique de la prostitution est clairement reliée à la question de l'idolâtrie, à tel point que souvent l'une semble être synonime de l'autre. Ce qui se joue au niveau individuel dans la prostitution sert d'analogie pour dénoncer les enjeux au niveau collectif dans l'idolâtrie du peuple, par la faute de ses dirigeants politiques et religieux.
a) Osée
b) Amos
c) Isaïe
d) Ezéchiel
3) "Autres écrits"
Cantique des Cantiques
Ct 8,7b
"Si quelqu'un donnait tout l'avoir de sa maison en échange de l'amour, à coup sûr on le mépriserait."
Pr 5,1-6
Pr 7,6-27
Si 26,9-12
4) Les Evangiles
Mt1,3Thamar (Gn 38), qui s'est faite passer pour prostituée auprès de son beau-père pour obtenir une descendance, et Rahab (Josué 2), prostituée à Jéricho qui participera à la victoire des hébreux et dont la famille sera incorporée au peuple élu, font partie des rares femmes citées dans la généalogie de Jésus.
Mt 21,31
Attitude de Jésus avec les femmes que les contemporains ou la tradition ont suspecté d'être des prostituées.
Lc 7,36-49
5) Ecrits Apostoliques
Paul
1Co 6, 10
Apocalypse de Jean
Ap 17
Augustin d'Hippone et la prostitution
(note pour l'article "les chrétiens et la prostitution"):
On prête souvent à Augustin la responsabilité de la tolérance fataliste des chrétiens vis à vis de la prostitution.
Deux citations attribuées à Augustin sont à l'origine de cette "rumeur" (selon le terme de Charles Chauvin).
Une première est tirée du traité "De l'ordre" (De Ordine II, IV, 12). Il s'agit d'un discours de rhétorique écrit par Augustin peu après sa conversion au christianisme, alors qu'il n'étais pas encore évêque, où il est question de maux évitant de maux plus grands (torture des bourreaux censé éviter le crime, prostitution censée éviter la débouche). On ne peut pas lui attribuer la même autorité que d'autres écrits d'Augustin, une fois devenu pasteur d'Hippone.
La seconde est citée par Ptolémée de Lucque: "Il [Augustin] dit que la femme publique est dans la société ce que la sentine est dans la mer et le cloaque dans le palais. Retranche le cloaque et tout le palais sera infecté." Or cette citation ne se trouve dans aucune des oeuvres d'Augustin qui nous sont parvenus (d'après Charles Chauvin). C'est aussi la citation la plus souvent utilisée pour justifier la prostitution...
Ces deux citations ont été largement utilisé par les théologiens et les moralistes du moyen-âge, puis jusqu'au début du XXe siècle, pour justifier une tolérance vis à vis du système prostitutionnel tout en continuant à stigmatiser les personnes prostituées.
Cependant, une fois évêque, Augustin a eu des paroles claires et fermes condamnant la prostitution comme institution, mais incitant à accueillir les personnes prostituées avec bienveillance, en leur proposant la conversion. Ces discours se basent, eux, sur des références scripturaires, et ne relèvent pas d'une opinion du temps.
source:
« Les Chrétiens et la prostitution »
Charles Chauvin
Cerf, Paris, 1983
p.21; p.56-60
On prête souvent à Augustin la responsabilité de la tolérance fataliste des chrétiens vis à vis de la prostitution.
Deux citations attribuées à Augustin sont à l'origine de cette "rumeur" (selon le terme de Charles Chauvin).
Une première est tirée du traité "De l'ordre" (De Ordine II, IV, 12). Il s'agit d'un discours de rhétorique écrit par Augustin peu après sa conversion au christianisme, alors qu'il n'étais pas encore évêque, où il est question de maux évitant de maux plus grands (torture des bourreaux censé éviter le crime, prostitution censée éviter la débouche). On ne peut pas lui attribuer la même autorité que d'autres écrits d'Augustin, une fois devenu pasteur d'Hippone.
La seconde est citée par Ptolémée de Lucque: "Il [Augustin] dit que la femme publique est dans la société ce que la sentine est dans la mer et le cloaque dans le palais. Retranche le cloaque et tout le palais sera infecté." Or cette citation ne se trouve dans aucune des oeuvres d'Augustin qui nous sont parvenus (d'après Charles Chauvin). C'est aussi la citation la plus souvent utilisée pour justifier la prostitution...
Ces deux citations ont été largement utilisé par les théologiens et les moralistes du moyen-âge, puis jusqu'au début du XXe siècle, pour justifier une tolérance vis à vis du système prostitutionnel tout en continuant à stigmatiser les personnes prostituées.
Cependant, une fois évêque, Augustin a eu des paroles claires et fermes condamnant la prostitution comme institution, mais incitant à accueillir les personnes prostituées avec bienveillance, en leur proposant la conversion. Ces discours se basent, eux, sur des références scripturaires, et ne relèvent pas d'une opinion du temps.
source:
« Les Chrétiens et la prostitution »
Charles Chauvin
Cerf, Paris, 1983
p.21; p.56-60
Prostitution intolérable, chez Augustin, évêque d'Hippone
Citation pour l'article: "les chrétiens et la prostitution" et "Augustin et la prostitution".
Sermon à Bulla Regia (411),
Cité dans « Les Chrétiens et la prostitution » de Charles Chauvin; Cerf, Paris, 1983, p.59
"à la veille d'une fête qui se déroulait toujours avec le concours de prostituées":
"C'est peut-être pour en trouver que certaines gens viennent dans votre ville... Or voici, des jeux vont justement avoir lieu: n'y aller pas! Nous voulons voir si la salle ne se videra pas au point que les [entremetteurs] auront honte de leur honteuse profession! Qu'ils se convertissent ou qu'ils décampent!
(...)
Des chrétiens non seulement donnent leur coeur aux prostituées, mais ils entraînnent dans cette souillure des femmes qui en étaient indemnes.
(...)
Comme si ces créatures n'avaient point d'âme! comme si le sang du Christ n'avait pas encore été répandu pour elles aussi! comme si l'Ecriture ne déclarait pas: les courtisanes et les publicains vous précéderont dans le Royaume des Cieux! (Mt 21,31)".
Voir aussi
De la Foi et des Oeuvres
Des moeurs dans l'Eglise catholique et des moeurs des manichéens.
De la continence
Sermon à Bulla Regia (411),
Cité dans « Les Chrétiens et la prostitution » de Charles Chauvin; Cerf, Paris, 1983, p.59
"à la veille d'une fête qui se déroulait toujours avec le concours de prostituées":
"C'est peut-être pour en trouver que certaines gens viennent dans votre ville... Or voici, des jeux vont justement avoir lieu: n'y aller pas! Nous voulons voir si la salle ne se videra pas au point que les [entremetteurs] auront honte de leur honteuse profession! Qu'ils se convertissent ou qu'ils décampent!
(...)
Des chrétiens non seulement donnent leur coeur aux prostituées, mais ils entraînnent dans cette souillure des femmes qui en étaient indemnes.
(...)
Comme si ces créatures n'avaient point d'âme! comme si le sang du Christ n'avait pas encore été répandu pour elles aussi! comme si l'Ecriture ne déclarait pas: les courtisanes et les publicains vous précéderont dans le Royaume des Cieux! (Mt 21,31)".
Voir aussi
De la Foi et des Oeuvres
Des moeurs dans l'Eglise catholique et des moeurs des manichéens.
De la continence
Prostitution intolérable, chez Alphonse de Liguori
Citation pour l'article: "les chrétiens et la prostitution"
« Les Chrétiens et la prostitution »
Charles Chauvin
Cerf, Paris, 1983
p.66
Cours de Morale (1740)
Alphonse de Liguori:
"Est-il permis d'autoriser les prostituées? Les probabilistes répondent affirmativement. Ils disent qu'à cette opinion saint Augustin a donné clairement son adhésion: "Supprimez les prostituées, des péchés pires surviendront: exemple, la sodomie, la pollution, sans parler du danger auquel les honnêtes femmes seront exposées." Les Pères de Salamanque concèdent cette autorisation seulement "dans certaines villes" afin d'éviter des maux plus grands. (...) Les maux les plus graves ne sont pas évités par la tolérance des prostituées: pour les hommes voluptueux, les passions sont exaspérées en fréquentant si facilement et si souvent les prostituées. (...) Ainsi quand ce vice se développe, ils ne cessent de commettre les pollutions ou au autres péchés abominables, en tout cas au moins avec les prostituées elles-mêmes. Et ils ne s'abstiennent pas non plus de provoquer les femmes honnêtes, bien au contraire. La tolérance des prostituées ajoute de multiples autres maux: la prostitution des jeunes filles, les dépenses d'argent, la vénalité de certains parents, la négligence à l'étude, la multiplication des bagarres, le mépris des mariages honnêtes."
« Les Chrétiens et la prostitution »
Charles Chauvin
Cerf, Paris, 1983
p.66
Cours de Morale (1740)
Alphonse de Liguori:
"Est-il permis d'autoriser les prostituées? Les probabilistes répondent affirmativement. Ils disent qu'à cette opinion saint Augustin a donné clairement son adhésion: "Supprimez les prostituées, des péchés pires surviendront: exemple, la sodomie, la pollution, sans parler du danger auquel les honnêtes femmes seront exposées." Les Pères de Salamanque concèdent cette autorisation seulement "dans certaines villes" afin d'éviter des maux plus grands. (...) Les maux les plus graves ne sont pas évités par la tolérance des prostituées: pour les hommes voluptueux, les passions sont exaspérées en fréquentant si facilement et si souvent les prostituées. (...) Ainsi quand ce vice se développe, ils ne cessent de commettre les pollutions ou au autres péchés abominables, en tout cas au moins avec les prostituées elles-mêmes. Et ils ne s'abstiennent pas non plus de provoquer les femmes honnêtes, bien au contraire. La tolérance des prostituées ajoute de multiples autres maux: la prostitution des jeunes filles, les dépenses d'argent, la vénalité de certains parents, la négligence à l'étude, la multiplication des bagarres, le mépris des mariages honnêtes."
prostitution: moindre mal, chez Augustin pas encore d'Hippone
Citation pour l'article: "les chrétiens et la prostitution" et "Augustin et la prostitution".
De Ordine, II, IV, 12
Saint-Augustin
Cité dans
« Les Chrétiens et la prostitution »
Charles Chauvin
Cerf, Paris, 1983
p.57
"Qu'y a-t-il de plus sordide, de plus misérable, de plus honteux et de plus déshonorant que la condition des prostituées, des entremetteuses et tous les autres fléaux de même espèce? Chasse les courtisanes, aussitôt les passions troubleront tout. Mets-les à la place des femmes mariées, tu sèmes l'infamie et le déshonneur. Ainsi donc ces gens quant aux moeurs ont une vie tout à fait impure, mais les lois de l'ordre leur assignent une place, la plus vile qui soit."
(...)
"En chassant les prostituées tu introduiras partout des passions."
en latin:
4. 12. Quam magna, inquam, quam mira mihi per vos Deus ille atque ipse, ut magis magisque credere adducor, rerum nescio quis occultus ordo respondet! Nam ea dicitis quae nec quomodo dicantur non visa, nec quomodo ea videatis intellego; ita ea et vera et alta esse suspicor. Simile autem aliquod in istam sententiam tu fortasse unum requirebas. At mihi iam occurrunt innumerabilia, quae me ad consentiendum prorsus trahunt. Quid enim carnifice tetrius? quid illo animo truculentius atque dirius? At inter ipsas leges locum necessarium tenet et in bene moderatae civitatis ordinem inseritur estque suo animo nocens, ordine autem alieno poena nocentium. Quid sordidius, quid inanius decoris et turpitudinis plenius meretricibus, lenonibus caeterisque hoc genus pestibus dici potest? Aufer meretrices de rebus humanis, turbaveris omnia libidinibus: constitue matronarum loco, labe ac dedecore dehonestaveris. Sic igitur hoc genus hominum per suos mores impurissimum vita, per ordinis leges conditione vilissimum. Nonne in corporibus animantium quaedam membra, si sola attendas, non possis attendere? Tamen ea naturae ordo nec quia necessaria sunt, deesse voluit, nec quia indecora, eminere permisit. Quae tamen deformia suos locos tenendo, meliorem locum concessere melioribus. Quid nobis suavius, quod agro villaeque spectaculum congruentius fuit pugna illa conflictuque gallinaceorum gallorum, cuius superiore libro fecimus mentionem. Quid abiectius tamen deformitate subiecti vidimus? Et per ipsam tamen eiusdem certaminis perfectior pulchritudo provenerat.
(est-ce juste?)
De Ordine, II, IV, 12
Saint-Augustin
Cité dans
« Les Chrétiens et la prostitution »
Charles Chauvin
Cerf, Paris, 1983
p.57
"Qu'y a-t-il de plus sordide, de plus misérable, de plus honteux et de plus déshonorant que la condition des prostituées, des entremetteuses et tous les autres fléaux de même espèce? Chasse les courtisanes, aussitôt les passions troubleront tout. Mets-les à la place des femmes mariées, tu sèmes l'infamie et le déshonneur. Ainsi donc ces gens quant aux moeurs ont une vie tout à fait impure, mais les lois de l'ordre leur assignent une place, la plus vile qui soit."
(...)
"En chassant les prostituées tu introduiras partout des passions."
en latin:
4. 12. Quam magna, inquam, quam mira mihi per vos Deus ille atque ipse, ut magis magisque credere adducor, rerum nescio quis occultus ordo respondet! Nam ea dicitis quae nec quomodo dicantur non visa, nec quomodo ea videatis intellego; ita ea et vera et alta esse suspicor. Simile autem aliquod in istam sententiam tu fortasse unum requirebas. At mihi iam occurrunt innumerabilia, quae me ad consentiendum prorsus trahunt. Quid enim carnifice tetrius? quid illo animo truculentius atque dirius? At inter ipsas leges locum necessarium tenet et in bene moderatae civitatis ordinem inseritur estque suo animo nocens, ordine autem alieno poena nocentium. Quid sordidius, quid inanius decoris et turpitudinis plenius meretricibus, lenonibus caeterisque hoc genus pestibus dici potest? Aufer meretrices de rebus humanis, turbaveris omnia libidinibus: constitue matronarum loco, labe ac dedecore dehonestaveris. Sic igitur hoc genus hominum per suos mores impurissimum vita, per ordinis leges conditione vilissimum. Nonne in corporibus animantium quaedam membra, si sola attendas, non possis attendere? Tamen ea naturae ordo nec quia necessaria sunt, deesse voluit, nec quia indecora, eminere permisit. Quae tamen deformia suos locos tenendo, meliorem locum concessere melioribus. Quid nobis suavius, quod agro villaeque spectaculum congruentius fuit pugna illa conflictuque gallinaceorum gallorum, cuius superiore libro fecimus mentionem. Quid abiectius tamen deformitate subiecti vidimus? Et per ipsam tamen eiusdem certaminis perfectior pulchritudo provenerat.
(est-ce juste?)
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