Citation pour l'article: "les chrétiens et la prostitution" et "Augustin et la prostitution".
Sermon à Bulla Regia (411),
Cité dans « Les Chrétiens et la prostitution » de Charles Chauvin; Cerf, Paris, 1983, p.59
"à la veille d'une fête qui se déroulait toujours avec le concours de prostituées":
"C'est peut-être pour en trouver que certaines gens viennent dans votre ville... Or voici, des jeux vont justement avoir lieu: n'y aller pas! Nous voulons voir si la salle ne se videra pas au point que les [entremetteurs] auront honte de leur honteuse profession! Qu'ils se convertissent ou qu'ils décampent!
(...)
Des chrétiens non seulement donnent leur coeur aux prostituées, mais ils entraînnent dans cette souillure des femmes qui en étaient indemnes.
(...)
Comme si ces créatures n'avaient point d'âme! comme si le sang du Christ n'avait pas encore été répandu pour elles aussi! comme si l'Ecriture ne déclarait pas: les courtisanes et les publicains vous précéderont dans le Royaume des Cieux! (Mt 21,31)".
Voir aussi
De la Foi et des Oeuvres
Des moeurs dans l'Eglise catholique et des moeurs des manichéens.
De la continence
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samedi 17 avril 2010
Prostitution intolérable, chez Alphonse de Liguori
Citation pour l'article: "les chrétiens et la prostitution"
« Les Chrétiens et la prostitution »
Charles Chauvin
Cerf, Paris, 1983
p.66
Cours de Morale (1740)
Alphonse de Liguori:
"Est-il permis d'autoriser les prostituées? Les probabilistes répondent affirmativement. Ils disent qu'à cette opinion saint Augustin a donné clairement son adhésion: "Supprimez les prostituées, des péchés pires surviendront: exemple, la sodomie, la pollution, sans parler du danger auquel les honnêtes femmes seront exposées." Les Pères de Salamanque concèdent cette autorisation seulement "dans certaines villes" afin d'éviter des maux plus grands. (...) Les maux les plus graves ne sont pas évités par la tolérance des prostituées: pour les hommes voluptueux, les passions sont exaspérées en fréquentant si facilement et si souvent les prostituées. (...) Ainsi quand ce vice se développe, ils ne cessent de commettre les pollutions ou au autres péchés abominables, en tout cas au moins avec les prostituées elles-mêmes. Et ils ne s'abstiennent pas non plus de provoquer les femmes honnêtes, bien au contraire. La tolérance des prostituées ajoute de multiples autres maux: la prostitution des jeunes filles, les dépenses d'argent, la vénalité de certains parents, la négligence à l'étude, la multiplication des bagarres, le mépris des mariages honnêtes."
« Les Chrétiens et la prostitution »
Charles Chauvin
Cerf, Paris, 1983
p.66
Cours de Morale (1740)
Alphonse de Liguori:
"Est-il permis d'autoriser les prostituées? Les probabilistes répondent affirmativement. Ils disent qu'à cette opinion saint Augustin a donné clairement son adhésion: "Supprimez les prostituées, des péchés pires surviendront: exemple, la sodomie, la pollution, sans parler du danger auquel les honnêtes femmes seront exposées." Les Pères de Salamanque concèdent cette autorisation seulement "dans certaines villes" afin d'éviter des maux plus grands. (...) Les maux les plus graves ne sont pas évités par la tolérance des prostituées: pour les hommes voluptueux, les passions sont exaspérées en fréquentant si facilement et si souvent les prostituées. (...) Ainsi quand ce vice se développe, ils ne cessent de commettre les pollutions ou au autres péchés abominables, en tout cas au moins avec les prostituées elles-mêmes. Et ils ne s'abstiennent pas non plus de provoquer les femmes honnêtes, bien au contraire. La tolérance des prostituées ajoute de multiples autres maux: la prostitution des jeunes filles, les dépenses d'argent, la vénalité de certains parents, la négligence à l'étude, la multiplication des bagarres, le mépris des mariages honnêtes."
prostitution: moindre mal, chez Augustin pas encore d'Hippone
Citation pour l'article: "les chrétiens et la prostitution" et "Augustin et la prostitution".
De Ordine, II, IV, 12
Saint-Augustin
Cité dans
« Les Chrétiens et la prostitution »
Charles Chauvin
Cerf, Paris, 1983
p.57
"Qu'y a-t-il de plus sordide, de plus misérable, de plus honteux et de plus déshonorant que la condition des prostituées, des entremetteuses et tous les autres fléaux de même espèce? Chasse les courtisanes, aussitôt les passions troubleront tout. Mets-les à la place des femmes mariées, tu sèmes l'infamie et le déshonneur. Ainsi donc ces gens quant aux moeurs ont une vie tout à fait impure, mais les lois de l'ordre leur assignent une place, la plus vile qui soit."
(...)
"En chassant les prostituées tu introduiras partout des passions."
en latin:
4. 12. Quam magna, inquam, quam mira mihi per vos Deus ille atque ipse, ut magis magisque credere adducor, rerum nescio quis occultus ordo respondet! Nam ea dicitis quae nec quomodo dicantur non visa, nec quomodo ea videatis intellego; ita ea et vera et alta esse suspicor. Simile autem aliquod in istam sententiam tu fortasse unum requirebas. At mihi iam occurrunt innumerabilia, quae me ad consentiendum prorsus trahunt. Quid enim carnifice tetrius? quid illo animo truculentius atque dirius? At inter ipsas leges locum necessarium tenet et in bene moderatae civitatis ordinem inseritur estque suo animo nocens, ordine autem alieno poena nocentium. Quid sordidius, quid inanius decoris et turpitudinis plenius meretricibus, lenonibus caeterisque hoc genus pestibus dici potest? Aufer meretrices de rebus humanis, turbaveris omnia libidinibus: constitue matronarum loco, labe ac dedecore dehonestaveris. Sic igitur hoc genus hominum per suos mores impurissimum vita, per ordinis leges conditione vilissimum. Nonne in corporibus animantium quaedam membra, si sola attendas, non possis attendere? Tamen ea naturae ordo nec quia necessaria sunt, deesse voluit, nec quia indecora, eminere permisit. Quae tamen deformia suos locos tenendo, meliorem locum concessere melioribus. Quid nobis suavius, quod agro villaeque spectaculum congruentius fuit pugna illa conflictuque gallinaceorum gallorum, cuius superiore libro fecimus mentionem. Quid abiectius tamen deformitate subiecti vidimus? Et per ipsam tamen eiusdem certaminis perfectior pulchritudo provenerat.
(est-ce juste?)
De Ordine, II, IV, 12
Saint-Augustin
Cité dans
« Les Chrétiens et la prostitution »
Charles Chauvin
Cerf, Paris, 1983
p.57
"Qu'y a-t-il de plus sordide, de plus misérable, de plus honteux et de plus déshonorant que la condition des prostituées, des entremetteuses et tous les autres fléaux de même espèce? Chasse les courtisanes, aussitôt les passions troubleront tout. Mets-les à la place des femmes mariées, tu sèmes l'infamie et le déshonneur. Ainsi donc ces gens quant aux moeurs ont une vie tout à fait impure, mais les lois de l'ordre leur assignent une place, la plus vile qui soit."
(...)
"En chassant les prostituées tu introduiras partout des passions."
en latin:
4. 12. Quam magna, inquam, quam mira mihi per vos Deus ille atque ipse, ut magis magisque credere adducor, rerum nescio quis occultus ordo respondet! Nam ea dicitis quae nec quomodo dicantur non visa, nec quomodo ea videatis intellego; ita ea et vera et alta esse suspicor. Simile autem aliquod in istam sententiam tu fortasse unum requirebas. At mihi iam occurrunt innumerabilia, quae me ad consentiendum prorsus trahunt. Quid enim carnifice tetrius? quid illo animo truculentius atque dirius? At inter ipsas leges locum necessarium tenet et in bene moderatae civitatis ordinem inseritur estque suo animo nocens, ordine autem alieno poena nocentium. Quid sordidius, quid inanius decoris et turpitudinis plenius meretricibus, lenonibus caeterisque hoc genus pestibus dici potest? Aufer meretrices de rebus humanis, turbaveris omnia libidinibus: constitue matronarum loco, labe ac dedecore dehonestaveris. Sic igitur hoc genus hominum per suos mores impurissimum vita, per ordinis leges conditione vilissimum. Nonne in corporibus animantium quaedam membra, si sola attendas, non possis attendere? Tamen ea naturae ordo nec quia necessaria sunt, deesse voluit, nec quia indecora, eminere permisit. Quae tamen deformia suos locos tenendo, meliorem locum concessere melioribus. Quid nobis suavius, quod agro villaeque spectaculum congruentius fuit pugna illa conflictuque gallinaceorum gallorum, cuius superiore libro fecimus mentionem. Quid abiectius tamen deformitate subiecti vidimus? Et per ipsam tamen eiusdem certaminis perfectior pulchritudo provenerat.
(est-ce juste?)
Eglise, Casta meretrix
Citation pour l'article: "les chrétiens et la prostitution"
« Les Chrétiens et la prostitution »
Charles Chauvin
Cerf, Paris, 1983
p.56
"Saint-Ambroise (...) ne craignait pas de décrire l'Eglise comme une casta meretrix: titre qu'a repris Urs von Balthasar pour analyser de façon détaillée et magistrale cette typologie de la prostituée convertie, image de l'Eglise, que le sang du Christ purifie chaque jour."
Sources?
« Les Chrétiens et la prostitution »
Charles Chauvin
Cerf, Paris, 1983
p.56
"Saint-Ambroise (...) ne craignait pas de décrire l'Eglise comme une casta meretrix: titre qu'a repris Urs von Balthasar pour analyser de façon détaillée et magistrale cette typologie de la prostituée convertie, image de l'Eglise, que le sang du Christ purifie chaque jour."
Sources?
Prostitution, moindre mal; chez Saint-Thomas
Citation pour l'article: "les chrétiens et la prostitution"
Somme Théologique
Saint-Thomas d'Aquin
IIa; IIae; question 10; article 11; conclusion
Article 11: Doit-on tolérer les rites des infidèles?
...
"Le gouvernement humain dérive du gouvernement divin et doit le prendre pour modèle. Or Dieu, bien qu'il soit tout-puissant et souverainement bon, permet néanmoins qu'il se produise des maux dans l'univers, alors qu'il pourrait les empêcher, parce que leur suppression supprimerait de grands biens et entraînerait des maux plus graves. Ainsi donc, dans le gouvernement humain, ceux qui commandent tolèrent à bon droit quelques maux, de peur que quelques biens ne soient empêchés, ou même de peur que des maux pires ne soient encourus. C'est ce que dit S. Augustin: " Supprimez les prostituées et vous apporterez un trouble général par le déchaînement des passions. " Ainsi donc, bien que les infidèles pèchent par leurs rites, ceux-ci peuvent être tolérés soit à cause du bien qui en provient, soit à cause du mal qui est évité. Du fait que les juifs observent leurs rites, qui préfiguraient jadis la réalité de la foi que nous professons, il en découle ce bien que nous recevons de nos ennemis un témoignage en faveur de notre foi, et qu'ils nous représentent comme en figure ce que nous croyons. C'est pourquoi les Juifs sont tolérés avec leurs rites."
Somme Théologique
Saint-Thomas d'Aquin
IIa; IIae; question 10; article 11; conclusion
Article 11: Doit-on tolérer les rites des infidèles?
...
"Le gouvernement humain dérive du gouvernement divin et doit le prendre pour modèle. Or Dieu, bien qu'il soit tout-puissant et souverainement bon, permet néanmoins qu'il se produise des maux dans l'univers, alors qu'il pourrait les empêcher, parce que leur suppression supprimerait de grands biens et entraînerait des maux plus graves. Ainsi donc, dans le gouvernement humain, ceux qui commandent tolèrent à bon droit quelques maux, de peur que quelques biens ne soient empêchés, ou même de peur que des maux pires ne soient encourus. C'est ce que dit S. Augustin: " Supprimez les prostituées et vous apporterez un trouble général par le déchaînement des passions. " Ainsi donc, bien que les infidèles pèchent par leurs rites, ceux-ci peuvent être tolérés soit à cause du bien qui en provient, soit à cause du mal qui est évité. Du fait que les juifs observent leurs rites, qui préfiguraient jadis la réalité de la foi que nous professons, il en découle ce bien que nous recevons de nos ennemis un témoignage en faveur de notre foi, et qu'ils nous représentent comme en figure ce que nous croyons. C'est pourquoi les Juifs sont tolérés avec leurs rites."
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